Présentation

Texte libre


En partenariat avec :

CNAM - AFPA - DEMOS - PIGIER - RNA - PLURICONSEILS - ANPE - FACULTE DES METIERS D'EVRY - UMANIS




Mes domaines d'intervention
:

Communication écrite et orale
    - écrire avec facilité
    - rédaction des procédures
    - les écrits professionnels
    - prise de notes et compte rendu
    - la note de synthèse
    - prise de parole en public
    - conduite de réunion
    - gestion des conflits
    - rédiger et soutenir son mémoire professionnel

Management d'équipe
Accueil physique et téléphonique
Tutorat
Gestion du temps
Gestion des changements
Formation de formateurs
Préparation à la vie active (bilan, projet professionnel)



Mes références :

Entreprises publiques :

Ministères des Finances, de la Défense Nationale, de l'Equipement, de la Justice
Préfecture de Police de Paris
Caisse des Dépôts (Angers, Bordeaux, Paris)
Institut National de l'Audiovisuel
La Poste (Strasbourg)
CPAM (Versailles, Saint-Lô)
SNECMA
Aéroports de Paris
INSEP
Assistance Publique des Hôpitaux de Paris
Cour d'Appel de Paris



Entreprises privées :

Bigmat
Burton
But
Leroy-Merlin
Calberson
Société d'Aménagement de La Plagne
Intermarché
Auchan
Opticiens REV
Club Espace
Constructa
Laboratoire Cartier
L'OREAL




Devenez ce que vous êtes...

" Dites-moi et j'oublierai. Montrez-moi et je me souviendrai. Impliquez-moi et je comprendrai"
(Confucius)


L'adulte a besoin de donner du sens à son apprentissage : il est essentiel pour lui de faire des liens avec son vécu, ses orientations dans la vie et ses objectifs.

La formation induit en général chez l'adulte un état de dépendance très lié à son expérience d'écolier. La formation doit s'éloigner des méthodes scolaires trop souvent basées sur la notion de punition eet de réprimande en cas d'échec. L'erreur est formatrice et c'est en se trompant qu'on apprend.

Les adultes sont riches en expériences diverses et constituent une véritable ressource pour le groupe d'apprenants. Le formateur doit se baser sur l'expertise de chacun et favoriser les échanges.

En outre, les motivations
individuelles sont bien plus déterminantes que n'importe quelle pression extérieure. Le formateur est alors non plus un instructeur, mais bel et bien un accompagnateur, un facilitateur d'apprentissage.

Quant à l'apprenant, puisqu'il demande à utiliser concrètement les acquis qu'il est venu chercher dans la formation, il devient acteur et, mieux encore, auteur de son apprentissage.


"Eduquer, former, consiste à favoriser le développement de la personne vers son AUTONOMIE physique, intellectuelle, affective, morale et citoyenne"
(Jean-Marie Labelle)


Mon vécu

Dimanche 5 février 2006

J'interviens de deux manières : pour le personnel d'une entreprise (c'est l'intra) et dans les locaux d'organismes de formation, qui accueillent un public venant de tous horizons (c'est l'inter).

Chaque public possède des caractéristiques propres, qui ont un impact sur le déruolement de la formation : en effet, le même programme et le même scénario pédagogique (ordre des étapes de la formation) peuvent se dérouler complètement différemment "en" ou "hors" entreprise.


Public « intra »

En général, le public "intra" est très exigeant quant à l'adéquation de la formation à ses besoins professionnels propres. Il est également souvent plus prompt à critiquer, voire à contester la formation. Cela n'a rien à voir avec les motivations des uns et des autres : c'est une question de lieu et d’identité professionnelle ! Le formateur se déplace dans une entreprise et on attend de lui qu’il se conforme à la culture de cette entreprise. Les stagiaires appartiennent au même monde, se connaissent tous et forment le plus souvent un groupe homogène : ils font corps. Ils le font d’autant plus que la formation est en général prévue pour une même catégorie (par exemple agents de maîtrise) ou une même fonction (secrétaires).

Cette situation peut être inconfortable, mais elle possède un avantage non négligeable pour le formateur :  les évaluations des stagiaires sont structurées, circonstanciées, très analytiques. La notion de "service"  est ici primordiale.

Néanmoins, pour les stagiaires, il manque, à mon sens, une dimension d’ouverture à d’autres mondes, d’autres fonctionnements, d’autres expériences.


Public « inter »

Le public "inter" est, par nature, très diversifié : il vient d'associations, de PME/PMI ou de grands groupes ; il évolue dans tous les domaines des trois grands secteurs d’activités : primaire (agro-alimentaire), secondaire (industrie et bâtiment) et tertiaire (commerce et services) ; il occupe des fonctions aussi aussi multiples que parfois mal définies (notamment chez les secrétaires).

L’hétérogénéité de ce public est source de richesse dans le vécu et l'expérience individuels, car l’environnement et les problématiques de travail sont uniques pour chacun des stagiaires. Les phases socio-cognitives (1)  sont nettement plus intenses et longues qu’en intra et les mutualisations (2) plus accentuées.

Les stagiaires ne se connaissent pas. Le regard de l’autre peut être un facteur bloquant l’expression. Ainsi, les attentes et besoins ne sont pas toujours exprimés franchement et demandent parfois à être explicités lors de leur formalisation et réajustés durant le déroulement de la formation.

Le rôle même du formateur reste imprécis pour beaucoup de stagiaires : ils abordent généralement leur formation comme un cours magistral donné par un professeur et non comme un « plus » dans leur vécu professionnel.

Ma première attention est de donner de la cohésion au groupe pour le mobiliser vers les objectifs.

Les évaluations sont quasiment toujours axées sur l’atmosphère de la formation et sur les facultés relationnelles du formateur. C’est flatteur, mais insuffisant pour jauger de l’atteinte des objectifs. C’est pourquoi je veille à réactiver régulièrement le niveau des connaissances et des pratiques pour ancrer les acquis et décrypter les évaluations.


Les points communs

- un accueil personnalisé et cordial

- des présentations ludiques et valorisantes

Tant en « inter » qu’en « intra », ces phases permettent à chaque stagiaire de trouver sa place et de repérer celle des autres. Pour moi, c’est une visualisation des personnalités instinctives et de la facilité à communiquer.

- l’énoncé des objectifs de formation

- le recueil des attentes et des besoins de chacun

- la contractualisation des règles de fonctionnement du groupe

Ces points cadrent les conditions de travail tout en permettant l’appropriation par chaque stagiaire du programme et du contenu de la formation.

La connaissance de ces publics est un facteur déterminant pour le déroulement de la formation, car cela m'incite à rester vigilante, à fuir la routine, à utiliser des outils et des méthodes appropriés, pour rendre mes interventions vivantes et efficaces et m’adapter à chaque contexte.

 

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(1) on parle en l’occurrence de « conflit socio-cognitif » : Le stagiaire prend conscience de sa propre pensée et de son propre fonctionnement par rapport à ceux des autres, ce qui l’amène à reconsidérer à la fois ses propres représentations et celles des autres pour construire un nouveau savoir.

(2) C'est la mise en commun des travaux donnant lieu à une synthèse

 

Par Marie-José Leclercq
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Jeudi 13 avril 2006

Comme les comédiens, chanteurs, mais aussi régisseurs et décorateurs, je suis une intermittente. En effet, la caractéristique du métier de formateur est d’être très souvent ponctuel, voire saisonnier, car peu d’entreprises (notamment PME/PMI) ont un service formation intégré.

Ce statut d'intermittent est un peu normal ; les formateurs sont aussi des artistes : ils jonglent avec leur planning, font de l'équilibrisme sur le fil des objectifs et des contenus de leurs prestations, s'élancent parfois de leur trapèze volant pour des figures acrobatiques destinées à entretenir la dynamique de groupe ; il jouent aussi, comme au théâtre, des personnages successifs et complémentaires: animateurs, facilitateurs, régulateurs, évaluateurs...

 

Comme beaucoup de mes collègues, j’exerce mon métier en indépendante...  J’ai choisi ce statut. Mais si le goût de l’autonomie en a été le principal critère, ce n’en est pas la seule raison.

Le marché de la formation offre peu de postes à temps plein. Et quand il y en a, ils sont de deux catégories :

- en insertion professionnelle, généralement dans des structures associatives

- dans un service intégré de formation

Dans le premier cas, les salaires sont peu attractifs et les moyens bien souvent absents.

Dans le second cas, les formations sont surtout ciblées « métier » et ne répondent pas toujours aux besoins transverses ; de plus, le formateur est amené à se conformer aux objectifs de l’entreprise, et pas toujours à ceux de ses salariés.

C'est pourquoi j'ai choisi d'exercer en solo. Je tiens à ce que mes interventions s'effectuent dans des conditions matérielles correctes et qu'elles soient en cohésion avec ma vision de la formation, mes options de la pédagogie, ma déontologie propre.

J'aurais l'impression, sinon, de galvauder un vrai service à la personne.



Par Marie-José Leclercq
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Samedi 15 avril 2006


L'indépendant doit assumer toutes les composantes de son activité : fixation et réajustement d'objectifs, conception, production, contrôle, organisation, prospection, vente, SAV...

Selon son statut, il doit également veiller à respecter les échéances fiscales et sociales.

Et, chose essentielle, il doit rester à l'écoute de l'évolution de son marché.

C'est un homme-orchestre, un caméléon, un contorsionniste !!

Alors, quand il peut échanger avec un confrère sur son expérience, ses doutes, ses espoirs, ses idées, ses projets, c'est autant un soutien dans la gestion du quotidien qu'un recadrage salutaire et remotivant pour le moyen et le long terme.

Je viens de m'inscrire à un groupe de travail dont le but est, 2 fois par mois, de dynamiser l'activité de chacun.

Au cours de ces réunions, chacun fait un point sur ses actions (réalisations, difficultés rencontrées, solutions, résultats). Le groupe réfléchit à chaque problématique, apporte connaissance ou compétences pour affiner l'analyse et permettre de repérer une solution pouvant convenir.

Chaque réunion se clôt par la fixation d'objectifs individuels pour la réunion suivante. Ce peut être en termes de réflexion à dégager ou d'actions à mener.

En plus de ces objectifs, nous avons énoncé, à tour de rôle, notre définition de la relation commerciale. Très, très intéressant !

J'ai beaucoup aimé l'atmosphère d'écoute et de franchise de cette première réunion.


Par Marie-José Leclercq
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Lundi 29 mai 2006
Je viens d'animer une formation "Dynamiser sa mémoire". Vaste sujet, à décliner sur 3 jours ! Mon souci principal, dans l'élaboration du contenu et du déroulé pédagogique, a été de rendre le programme concret et attractif. Je me suis donc attachée à proposer beaucoup d'exercices et relativement peu de théorie.

Néanmoins, il était incontournable d'aborder le fonctionnement du cerveau... grand sujet qui perd petit à petit de son mystère : il n'y a guère plus de 50 ans que l'on commence à en savoir un peu plus sur ce centre vital.

Le programme était intense : j'ai ménagé deux pauses au lieu d'une pour chaque demi-journée. Nous avons démarré sur un autodiagnostic individuel. Puis j'ai alterné toutes sortes d'exercices faisant appel aux différentes mémoires : temporelles (immédiate, à court terme, à long terme), fonctionnelles (procédurale, épisodique, sémantique), sensoriellesaffective... tout d'abord l'une après l'autre, puis en combinaisons - et sans oublier la mémoire explicite et la mémoire implicite. Puis j'effectuais des liens entre pratique, analyse de ces pratiques et théorie.

Le processus de mémorisation tient en trois phases :

 
ENCODAGE  -  STOCKAGE  -  RAPPEL

1) L'encodage consiste à répertorier les stimuli dans les différentes mémoires.
2) Le stockage est l'organisation sélective des informations selon leur fréquence d'utilisation.
3) Le rappel, c'est la capacité à retrouver l'information.

Il est simple de comprendre que la qualité de l'encodage et du stockage faciliteront le rappel.

Le message le plus délicat à faire passer, c'est qu'il ne suffit pas d'avoir des techniques de mémorisation : il faut VOULOIR mémoriser. C'est une activité complètement volontariste et la tentation est grande de relâcher la vigilance (par fatigue, par désintérêt ou par maladie).

Tout d'abord, les 4 conditions pour réussir à mémoriser sont les suivantes :
(visuelle, auditive, olfactive, gustative, kinesthésique) et

1)   INTERET                    être motivé - se préparer à l'effort - s'engager
2)   ATTENTION                aiguiser les 5 sens, donc se rendre disponible
3)   CONCENTRATION       comprendre, sélectionner, orienter sa réflexion vers
                                      le sujet à mémoriser

4)   ORGANISATION          reconnaiître et comparer les informations - faire des
                                      liens



Puis viennent les techniques : mnémotechnie, imagerie mentale, association, imagination, créativité.

Ensuite, et ceci est loin d'être négligeable : il faut absolument REACTIVER sa mémoire : elle se travaille ! De la même manière qu'il faut solliciter ses muscles pour qu'ils ne perdent pas leur force et leur tonicité, il faut faire travailler son cerveau ! (1)

Enfin, il faut soigner sa mémoire ! Quelques principes simples :

- savoir s'oxygéner (le cerveau a besoin à lui tout seul de 20 % de l'oxygène du
  corps)
- savoir manger (choisir ses aliments) et boire (pour favoriser les contacts entre
  neurones)
- savoir se relaxer et dormir
- savoir bouger
- savoir se faire plaisir

A la fin de la formation, j'ai eu le plaisir d'entendre mes stagiaires dire, au tour de table final, que ces 3 jours étaient une "prise de conscience" et une "invitation à trouver des stratégies". Elles ont en fait énoncé une règle de base de la formation : c'est en sortant de stage que tout commence, si on le veut...

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(1) et pan sur le bec de M. Le Lay (TF1) pour qui les programmes de sa chaîne sont des intermèdes destinés à valoriser les publicités - illustration parfaite du "décervelage" organisé.


Par Marie-José Leclercq
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Samedi 8 juillet 2006

Je viens de vivre une expérience très agréable et positive, comme les formateurs n'en vivent pas toujours AU QUOTIDIEN.

Certes, le stagiaires sont bien souvent volontaires et investis dans leur démarche de formation. Il est rare qu'une animation me laisse complètement perplexe ou découragée. Les facteurs de satisfaction sont plus nombreux que les facteurs de déception.

Mais cette formation-là a été un pur plaisir sur toute la ligne.

Je suis intervenue dans le milieu aéronautique pour une formation "Rédiger des procédures". Et des procédures, il y en a, dans ce domaine précis !

Ce qui ma frappée, c'est que j'ai rencontré des stagiaires heureux de travailler :

- dans cette entreprise
- à leur poste

Le contenu de la formation a donc été un moteur supplémentaire pour renforcer leur implication au travail.

La formation doit toujours partir du vécu des stagiaires pour être à la fois pertinente et transférable au poste de travail. C'est donc sur du concret que nous avons travaillé en 2 x 2 jours : des procédures en cours de rédaction, pour s'adapter à de nouveaux cahiers des charges ou à des réglementations officielles européennes.

Je sentais les stagiaires concentrés sur leur objectif : rendre la lecture de leurs procédures claire et attractive, précise et incontestable. Et, ce qui m'a le plus impressionnée : leur souci constant d'intégrer ces procédures dans une vision globale de l'activité de l'entreprise. C'est assez rare en stage.

Des animations comme cela, j'en redemande !



Par Marie-José Leclercq
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Mardi 8 août 2006
Un débat est en cours dans un des groupes dont je fais partie, sur le thème : la formation aide-t-elle vraiment à développer et renforcer des compétences ?

Ma réponse est OUI. Mais il faut que soient rassemblées plusieurs conditions, toutes indispensables :

- l'entreprise a parfaitement réfléchi à ses besoins, a décidé une politique pertinente de gestion des ressources humaines et a élaboré un plan de formation adapté

- l'entreprise a informé et mpliqué toutes les couches hiérarchiques dans cette gestion

- le stagiaire doit être volontaire pour suivre sa formation (n'importe laquelle)

- mieux, la hiérarchie doit faciliter la formation du stagiaire et le soutenir durant le temps nécessaire, et ce n'est pas toujours le cas...


- la formation doit avoir lieu le plus souvent possible hors les murs de l'entreprise. Si ce n'est pas possible, il ne doit y avoir aucune interférence entre l'environnement de travail et le lieu de formation (combien de fois ai-je vu des stagiaires appelés par leur hiérarchie durant la formation pour effectuer telle ou telle tâche - pire, une entreprise a programmé une réunion tôt le matin du 2ème jour d'une formation intense - et n'a bien sûr pas jugé indispensable de me prévenir !).

Mais le plus important à mes yeux est de supprimer une idée reçue toujours aussi tenace : la formation rend compétent. La plupart des hiérarchiques accueillent leur subalterne de retour de formation en ces termes : "Bon, alors, ca y est : vous êtes allé en formation ; vous êtes donc opérationnel".

Non, la formation n'apporte pas une compétence ! Dans n'importe quelle activité, la compétence s'acquiert par l'expérience. C'est l'entraînement, la répétition du geste professionnel qui rend compétent, pas la formation... La formation, elle, apporte une capacité, une aptitude ; elle donne des moyens et des outilsprendre conscience des bonnes pratiques à rechercher et à mettre en oeuvre, dans le contexte spécifique à chaque stagiaire. pour appliquer sur le terrain les méthodes et techniques abordées en stage. Mais, surtout, elle fait

Celui-ci, avec cette prise de conscience, va, de retour à son poste de travail, expérimenter ces techniques et outils... si toutefois sa hiérarchie le lui permet.

Car envoyer un salarié en formation, ce n'est pas seulement répondre à une politique de gestion du personnel et aux besoins spécifiques de l'entreprise ; c'est aussi permettre à ce salarié d'enrichir le fonctionnement de l'entreprise avec un regard et des idées neufs. Si le salarié ne peut pas appliquer ses nouveaux savoirs, il ne pourra améliorer son savoir-faire et, frustré, ne développera pas son savoir-être.

Il n'y a pas de miracle, dans la vie comme dans l'entreprise ! Des parents n'éduquent pas un enfant pour eux-mêmes, mais pour qu'il devienne un homme ou une femme autonome. C'est la même chose en entreprise : la formation ne sert pas que pour la technicité et le profit de l'entreprise, mais elle est une composante essentielle dans la responsabilisation et l'engagement de chaque salarié dans son travail.

Encore faut-il que la hiérarchie en prenne conscience... et la prise de conscience, ça se passe beaucoup en formation ! CQFD.




Par Marie-José Leclercq
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Mercredi 22 novembre 2006
Chaque métier a ses contraintes et il faut parfois savoir composer avec les éléments.

Ma dernière problématique date de quelques jours : comment faire passer le contenu de 2 journées de formation en une seule (pour cause de petit budget) ?

Changer les objectifs ?
Réduire le contenu ?
Dégager des priorités quant aux thèmes abordés ?
Dispenser plus de théorie, au détriment de la pratique ?
Réduire les temps de pause et de déjeuner ?

Casse-tête, quadrature du cercle...

Dans ces cas-là, mes pensées se focalisent sur le public et il est précieux de bien faire formuler les attentes aux stagiaires pour aller chercher dans le sac à malices les outils et méthodes qui pourront y répondre.

J'avais tort de m'inquiéter, car il y a toujours quelque chose de magique dans un groupe : bien souvent, il génère des solutions simples, pratiques, consensuelles.

Et l'intervenant, guidé par ce chorus, n'a plus qu'à dérouler sa formation.

Je remercie toujours mes stagiaires pour leur participation et leur implication. Cette fois, dans ma tête, j'y ai ajouté : pour leur soutien...

Par Marie-José Leclercq
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Mercredi 20 décembre 2006

Dans le blog que je consacre à l'écriture (http://auboutdelaplume.over-blog.com), j'annonce la parution du livre auquel j'ai apporté ma contribution en écrivant l'un des chapitres.

Dans le domaine des parutions, cette semaine est à marquer d'une pierre blanche. En effet, Anne Broilliard, responsable de département chez Demos, vient de publier un livre concernant une nouvelle méthode d'écriture abrégée :
MPS (MELTING POT SCRIPT), savoureux mélange de procédés abréviatifs simples, ludiques, créatifs, allant des plus classiques au SMS...

Titre de l'ouvrage : "Prendre vite des notes utiles" (E° Demos)

Anne Broilliard m'a formée à cette méthode et j'anime régulièrement ces formations depuis un an. Elle cite en exemple deux outils que j'ai conçus et inclut également l'interview qu'elle a faite de moi au sujet du schéma heuristique.

Que vous souhaitiez noter un message téléphonique, l'essentiel d'une conversation impromptue, une instruction de travail ou un commentaire, MPS est la méthode à adopter.

A découvrir dans cet ouvrage très complet, bourré d'exemples et de témoignages.


Par Marie-José Leclercq
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Samedi 24 mars 2007
Je suis titulaire d'un titre AFPA : "Formateur Professionnel d'Adultes" (FPA en bon jargon afpaïen).

Le titre FPA est composé de 3 modules :
- ingénierie de formation
- relation pédagogique et gestion d'un groupe
- accompagnement


Lorsque j'ai obtenu mon titre, en 2001, chaque module était officiellement noté séparément et comprenait des épreuves concrètes :

- pour l'ingénierie : réponse à un appel d'offres + argumentation devant deux spécialistes de l'ingénierie
- pour la relation pédagogique : montage et animation d'une séquence de formation d'une heure devant un binô
me d'animateurs (jury encore différent)
- pour l'accompagnement : étude de cas, résolution et présentation devant un troisième binôme de professionnels


Depuis, le monde de la formation a bougé et les épreuves ont changé.

Désormais, pour valider leur titre, les stagiaires doivent, d'une part, constituer un dossier comprenant toute une production écrite : synthèses, rapports de stage, dossiers EFA (*), dossier officiel de pratique professionnelle, etc. et, d'autre part, avoir un entretien avec un "jury-titre", seul habilité à valider le cursus.

Chacun des trois modules donne lieu à délivrance d'un CCP (Certificat de Compétence Professionnelle).

Le jury-titre dispose d'une séance de 2 heures par candidat (30 mn pour lire et "assimiler" le dossier + 1 h 1/2 d'entretien avec le stagiaire). A ce stade terminal du cursus, le jury est souverain et le formateur référent n'a pas le droit de lui donner une quelconque information sur les stagiaires. Seuls le dossier et l'entretien sont les bases de sa décision.


Cela signifie que le jury-titre a tout pouvoir. Il peut, malgré des EFA positives, considérer que l'entretien est négatif. Il peut aussi, à l'opposé, trouver l'entretien pertinent malgré des EFA moyennes ou négatives. Il peut même accorder un, deux ou les trois CCP tout en refusant le titre. A chaque fois, le stagiaire devra repasser le CCP concerné par le refus et, pour le titre, se soumettre à toute épreuve décidée par le Jury.

Quelle que soit la configuration, c'est une très lourde responsabilité. Lorsque je suis jurée, j'ai toujours en tête le souci de me demander QUI je suis pour pouvoir évaluer un confrère ou une consoeur sans le/la voir en situation concrète de travail. Je me méfie comme la peste du "pouvoir absolu" dont je dispose.

Certaines personnes sont stressées, intimidées, voire statufiées lors de l'entretien. Malgré les propos en général rassurants des jurés, ils appréhendent cette épreuve car l'enjeu est de taille : avoir le titre ou pas. Comme ils savent que, malgré un parcours de 9 mois d'intense formation, ils peuvent échouer en 1 heure et demie, la pression est énorme.

A contrario, un brillant orateur peut valoriser un dossier moyen et des EFA négatives ou insuffisantes avec des arguments aussi variés qu'impossibles à vérifier...


La seule piste qui s'offre à moi est donc de pratiquer, lors de l'entretien, une réelle écoute active. Je dois surtout choisir et soigner mon questionnement  pour vérifier bien sûr les savoirs formels, mais surtout la capacité du candidat à revivre sa formation, ses stages, son expérience et en exposer l'analyse de manière pertinente, cohérente et concrète, tout en sachant montrer son ressenti et l'adéquation de sa personnalité avec les spécificités de la formation d'adultes.

J'ai eu un vrai cas de conscience, partagé avec ma consoeur jurée : un stagiaire dont le dossier était très positif a été dans l'impossibilité de prouver à l'oral le bien-fondé de ses choix et, surtout, de développer une analyse de pratique fluide et cohérente.

A chaque question que nous lui posions, qui ne contenait aucun piège, il se noyait dans ses réponses, s'éparpillait dans des considérations théoriques doublées de digressions et de périphrases infinies et montrait une incapacité manifeste à être crédible.

Il y avait un décalage énorme entre son dossier et son oral. Sur quoi se baser pour accorder ou non un, deux ou trois certificats... et le titre ? Après de longs échanges, une délibération mouvementée, ma consoeur et moi sommes tombées d'accord sur la nécessité d'imposer à ce stagiaire une épreuve supplémentaire : animer devant nous une vraie séance de formation.

Ce fut fait le lendemain. Pris complètement à froid, sans avoir vraiment le temps de se retourner, le stagiaire a pourtant réagi très positivement, a préparé sa prestation et nous a offert ce que nous attendions : une heyre d'animation dans les règles de l'art, prouvant ainsi concrètement sa capacité à gérer un groupe, un contenu, des méthodes et techniques.

Lors de l'annonce des résultats, il était liquéfié, persuadé de son échec. J'ai tenu ensuite à l'entretenir des péripéties de son évaluation et à lui expliquer les raisons de cette épreuve supplémentaire : nous ne souhaitons jamais mettre un stagiaire en difficulté, mais nous voulons absolument qu'un titre professionnel, comme celui de Formateur Professionnel d'Adultes, soit délivré en toute connaissance de cause. Il y va de l'intérêt des futurs stagiaires.


La formation est un métier d'humilité, de passion, d'engagement, d'humanisme, de capacité à se remettre en question. Si je décèle cela lors de l'entretien, je crois que j'exerce alors correctement mon rôle de jurée.

___________________________________________________________________

(*) EFA = Evaluation de Fin de Module. Cette évaluation est effectuée par le formateur du stagiaire, mais ne donne lieu à aucune validation officielle.



Par Marie-José Leclercq
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Vendredi 25 mai 2007

L'accompagnement de stagiaires ne prend pas la même forme lorsqu'il s'agit d'une formation courte (2 ou 3 jours) ou d'une formation longue (quelques mois, voire plus).


Pour un stage court, le suivi individuel se fait au fur et à mesure du déroulement du programme par une évaluation (qu'on appelle "formative") de chaque séquence au moyen d'outils simples et faciles à metre en oeuvre : tour de table, questionnaire, exercice ; puis par une évaluation "sommative" en fin de formation : rédaction d'un résumé, formulation d'objectifs et d'axes de progrès.

Pour ce qui est d'une formation étalée dans le temps, comme c'est le cas avec mes stagiaires du CNAM (1 ou 2 soirs par semaine durant 3 ou 4 mois), je dois veiller non seulement à effectuer ces évaluations, mais également à prévoir des entretiens individuels ou un suivi spécifique à tel moment du cursus.

Parfois, des surprises sont au rendez-vous en pleine séance de travail. Ce fut le cas récemment au CNAM.

Afin d'habituer les futurs ingénieurs à soutenir leur mémoire d'entreprise devant le Jury, puis à prendre la parole en public sur leur lieu de travail et animer une équipe, je leur ai demandé de rédiger un mini-mémoire portant sur leur parcours de formation : pourquoi ils ont choisi le CNAM, quels étaient leurs objectifs, comment ils se sont organisés, quelles difficultés ils ont rencontrées, etc.

Je m'étais aperçue que le récit de cette expérience semblait difficile pour certains d'entre eux : écrire sur soi, puis l'exprimer devant une assemblée est en effet une activité peu pratiquée et génératrice d'émotions. Certains venaient me voir en aparté pour que je les guide dans leur réflexion. Je me doutais que la soutenance de ce mini-mémoire serait un moment fort pour le groupe.

Ce fut plus que cela : un véritable déclencheur de cohésion de groupe, un générateur d'esprit de solidarité, un tissage de liens entre l'observation, le vécu de chacun et le "possible".

L'un des stagiaires, notamment, s'est brusquement arrêté au cours de son exposé, la gorge nouée et les yeux embués, au souvenir d'une étape de son parcours. Le discours était neutre, le diaporama sobre. Mais la mémoire affective activée par le récit n'a pu rester dans les limites que ce stagiaire avait voulu s'imposer dans l'écriture et dans la parole.

Le groupe et moi-même, dans un long silence bienveillant, avons laissé ce stagiaire vivre son émotion, puis se reconcentrer et reprendre son exposé avec courage et détermination. Lorsqu'il a terminé, ses collègues ont applaudi chaleureusement et sans commentaires.

Il se peut que, même devant un Jury, le candidat à un diplôme puisse libérer une telle émotion, en prise directe avec son vécu. Je pense pour ma part que c'est un "plus" dans la communication, un facteur de compéhrension mutuelle et d'échange.

Pour autant, il ne s 'agit pas de se laisser submerger. Le meilleur exemple est l'artiste : un musicien, un peintre ou un acteur doit faire passer au public les émotions qu'il interprète ou restitue sans se laisser dépasser lui-même par elles.

Ces moments-là, une fois ressentis, analysés et digérés, contribuent à renforcer la confiance en soi et à baliser le chemin qui mène à la réalisation d'un projet.

C'est enrichissant pour tout le monde.



Par Marie-José Leclercq
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