Les Canadiens sont les champions de la pédagogie. De plus, ils partagent leurs ressources sans a priori, à l'inverse des Européens, assez jaloux de leurs outils. Il
suffit pour s'en convaincre d'aller sur Internet...
Dans le cadre d'une réinsertion ou d'une reconversion, un outil de travail très efficace s'appelle Le Trèfle chanceux.
Chez les Canadiens, "chanceux" ne veut pas dire "bénéficier du hasard", mais signifie plutôt "se donner toutes les chances de...". C'est en effet en tenant compte de tous les paramètres
de son environnement qu'une personne se trouvera en position optimale d'employabilité.
Fonctionnement du Trèfle Chanceux
Les quatre cercles représentent les dimensions de l'insertion professionnelle :
E et e = environnement socio-politico-économique et environnement extra-professionnel
D = connaissance de soi : qui je sui, comment je fonctionne, ce que je veux et ne veux pas, ce que je vaux
C = méthode de recherche : ressources (CV et lettres), techniques d'approche, astuces, organisation,
gestion
B = lieu : où y a-t-il de l'emploi (géographiquement, mais aussi secteurs qui recrutent)
A = position optimale d'employabilité
L'employabilité optimale, c'est donc, à un moment donné (environnement), la meilleure
personne (soi), qui cherche un crée un emploi au meilleur endroit (lieu) et de la meilleure
façon (méthode) dans un laps de temps le plus près possible de zéro.
Le schéma met en évidence les interactions constantes entre ces dimensions. Cela signifie que, pour retrouver un emploi, un chômeur doit pouvoir agir sur ces éléments en toute connaissance de
cause. Mais attention ! Cette action sera efficace si elle répond à un OBJECTIF BIEN
DEFINI, c'est-à-dire à un projet professionpnel cohérent.
L'ANPE propose cette réflexion aux chômeurs, au travers d'ateliers créés avec
des partenaires associatifs très impliqués dans la réinsertion et la reconversion. J'ai animé ces ateliers et c'est un véritable
moteur au niveau de la confiance en soi, donc de la motivation et de la mobilisation.
Nous y abordons chaque point (E, D, C, B) avec des tests, des exercices, des recherches documentaires, des échanges d'expérience, des enquêtes sur le terrain. Petit à petit, l'interaction joue,
les stagiaires prennent conscience des liens qui existent, de ceux à créer. Ils reprennent surtout confiance en leurs potentiels et ne voient plus le monde du travail comme un domaine
inaccessible, mais comme un terrain à défricher, avec des méthodes, techniques et outils appropriés, afin de repérer et retenir les
meilleurs éléments pour aboutir au point A.