Mardi 21 décembre 2010
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La formation est une action indispensable à l'acquisition ou à l'actualisation des connaissances et des compétences.
L'entreprise, pour ses besoins propres et par son plan de formation, envoie ses salariés se former ou se perfectionner. Ceux-ci peuvent également choisir leurs formations, par le DIF (Droit
Individuel à la Formation) ou le CIF (Congé Individuel de Formation), voire même par des cours du soir qu'ils financent eux-mêmes.
Mais comment l'entreprise observe-t-elle l'impact de la formation sur son organisation, son fonctionnement, ses
résultats et performances ? Le budget formation obligatoire (loi de 1971, dite "du 1 %" - et loi de 2004, dite "tout au long de la vie") est-il utilisé comme dépense de fonctionnement ou comme
dépense d'investissement ?
L'évaluation de la formation peut répondre à cette question. Elle est un critère incontournable de gestion et de suivi
des actions de formation. Pourtant, elle est bien souvent délaissée par les entreprises.
FORMAEVA, observatoire de l'évaluation, a publié en septembre dernier une étude sur les pratiques d'évaluation des
entreprises françaises. Les résultats sont édifiants (www.formaeva.com).
Synthèse concernant les quatre niveaux d'évaluation :
Niveau 1 - évaluation de la formation par les stagiaires ("à chaud") =
98 % des entreprises la pratiquent.
Niveau 2 - évaluation de l'apprentissage ("qu'a appris le participant
?") portant sur la pédagogie et les acquis = 82 % des entreprises l'effectuent
Niveau 3 - évaluation du transfert des acquis en situation
professionnelle ("à froid") = le taux tombe à 61 % (dont 36 % de manière formelle et 25 % de manière informelle)
Niveau 4 - évaluation de l'impact de la formation sur les résultats
opérationnels = 35 % seulement des entreprises disent la pratiquer
Les causes invoquées sont inquiétantes :
- manque de temps
- manque de méthode
- indicateurs inadéquats
- management peu impliqué, voire réfractaire
- oubli...
Les 2/3 des entreprises n'auraient-elles pas intégré l'action de formation comme un outil de développement stratégique,
commercial, technique, technologique et... humain ? Considèreraient-elles la formation comme un "passage obligé" et non un "process qualité" ? Voudraient-elles faire croire qu'elles font passer 1
% de leur budget dans le poste "pertes et profits" ? Penseraient-elles enfin - peut-être - que former des salariés est surtout un pensum, une désorganisation du travail, une contrainte
dérangeante, une mobilisation inutile d'énergies et de cerveaux ?
Cette manière de manager la formation me laisse perplexe. La mondialisation, la concurrence, l'évolution des méthodes
et techniques sont autant de raisons de développer et renforcer les compétences. La formation, évidemment, répond à cet impératif. Mais elle doit être reçue, admise et intégrée comme un outil
prépondérant de la gestion d'entreprise. Et, à ce titre, elle doit être évaluée dans sa pertinence comme dans ses conséquences.