Chaque métier a ses contraintes et il faut parfois savoir composer avec les
éléments.
Ma dernière problématique date de quelques jours : comment faire passer le contenu de 2 journées de formation en une seule (pour cause de petit budget)
?
Changer les objectifs ?
Réduire le contenu ?
Dégager des priorités quant aux thèmes abordés ?
Dispenser plus de théorie, au détriment de la pratique ?
Réduire les temps de pause et de déjeuner ?
Casse-tête, quadrature du cercle...
Dans ces cas-là, mes pensées se focalisent sur le public et il est précieux de bien faire formuler les attentes aux stagiaires pour aller chercher dans le sac
à malices les outils et méthodes qui pourront y répondre.
J'avais tort de m'inquiéter, car il y a toujours quelque chose de magique dans un groupe : bien souvent, il génère des solutions simples, pratiques,
consensuelles.
Et l'intervenant, guidé par ce chorus, n'a plus qu'à dérouler sa formation.
Je remercie toujours mes stagiaires pour leur participation et leur implication. Cette fois, dans ma tête, j'y ai ajouté : pour leur
soutien...
C'est une nouvelle qui me réjouit : j'ai été sollicitée pur travailler à l'élaboration de deux formations destinées aux cadres et agents de
maîtrise, et dont le thème me tient à coeur :
- formation de formateurs
-
reconnaissance au travail
si le premier sujet m'est familier et me demande juste de m'adapter au public auquel il s'adresse, le second est un véritable "pavé
dans la mare". En effet, le concept de "reconnaissance au travail" n'est pas très (re)connu en France, c'est le moins qu'on puisse dire !
J'effectue actuellement une enquête préparatoire au montage de cette formation. Les premières réponses au questionnaire que j'ai
formalisé sont sans surprise et terriblement conformes aux pratiques des sociétés françaises : la seule reconnaissance pratiquée (quand il y en a) est la prime !
Or, combien de collaborateurs seraient heureux qu'on leur dire simplement, mais diversement., et systématiquement : merci ?
Sur cette base, il existe des moyens, des méthodes et des solutions très valorisants et dynamisants, autres qu'une gratification financière. Je les répertorie et les distille dans le scénario
pédagogique de cette formation.
J'en fais d'ailleurs mon cheval de bataille pour 2007 : à une époque où l'expression "être remercié" signifie "être licencié", je vais proposer aux entreprises de lui redonner le sens positif de
la reconnaissance.
J'ai pris contact avec la Chaire de Gestion de la Santé et de la Sécurité au Travail, à l'Université de Laval (Canada), qui m'a adressé le coffret pédagogique qu'elle a conçu pour sensibiliser
les entreprises à cette notion de reconnaissance. Les Canadiens sont très en pointe dans le domaine des ressources humaines et leurs trouvailles sont toujours simples à mettre en oeuvre et
efficaces quant aux résultats.
Je prépare ainsi ma formation dans un enthousiasme total !
Un débat est en cours dans un des groupes dont je fais partie, sur le thème : la formation
aide-t-elle vraiment à développer et renforcer des compétences ?
Ma réponse est OUI. Mais il faut que soient rassemblées plusieurs
conditions, toutes indispensables :
- l'entreprise a parfaitement réfléchi à ses besoins, a décidé une politique pertinente de gestion des ressources humaines et a élaboré un plan de formation
adapté
- l'entreprise a informé et mpliqué toutes les couches hiérarchiques dans cette gestion
- le stagiaire doit être volontaire pour suivre sa formation (n'importe laquelle)
- mieux, la hiérarchie doit faciliter la formation du stagiaire et le soutenir durant le temps nécessaire, et ce n'est pas toujours le cas...
- la formation doit avoir lieu le plus souvent possible hors les murs de l'entreprise. Si ce n'est pas possible, il ne doit y avoir aucune interférence entre l'environnement de travail et le lieu de formation (combien de fois ai-je vu des stagiaires appelés par leur hiérarchie durant la
formation pour effectuer telle ou telle tâche - pire, une entreprise a programmé une réunion tôt le matin du 2ème jour d'une formation intense - et n'a bien sûr pas jugé indispensable de me
prévenir !).
Mais le plus important à mes yeux est de supprimer une idée reçue toujours aussi tenace : la formation rend
compétent. La plupart des hiérarchiques accueillent leur subalterne de retour de formation en ces termes : "Bon, alors, ca y est : vous êtes allé en formation ; vous êtes donc
opérationnel".
Non, la formation n'apporte pas une compétence ! Dans n'importe quelle activité,
la compétence s'acquiert par l'expérience. C'est l'entraînement, la répétition du geste professionnel qui rend compétent, pas la formation... La formation, elle, apporte une capacité, une aptitude ; elle donne des moyens et des outilsprendre conscience des bonnes pratiques à rechercher et à mettre en oeuvre, dans le contexte spécifique à chaque stagiaire.
pour appliquer sur le terrain les méthodes et techniques abordées en stage. Mais, surtout, elle fait
Celui-ci, avec cette prise de conscience, va, de retour à son poste de travail, expérimenter ces techniques et outils... si toutefois sa hiérarchie le lui
permet.
Car envoyer un salarié en formation, ce n'est pas seulement répondre à une politique de gestion du personnel et aux besoins spécifiques de l'entreprise ; c'est aussi permettre à ce salarié
d'enrichir le fonctionnement de l'entreprise avec un regard et des idées neufs. Si le salarié ne peut pas appliquer ses nouveaux savoirs, il ne pourra améliorer son savoir-faire et, frustré, ne
développera pas son savoir-être.
Il n'y a pas de miracle, dans la vie comme dans l'entreprise ! Des parents n'éduquent pas un enfant pour eux-mêmes, mais pour qu'il devienne un homme ou une femme autonome. C'est la même chose en
entreprise : la formation ne sert pas que pour la technicité et le profit de l'entreprise, mais elle est une composante essentielle dans la responsabilisation et l'engagement de chaque salarié
dans son travail.
Encore faut-il que la hiérarchie en prenne conscience... et la prise de conscience, ça se passe beaucoup en formation ! CQFD.
Je viens de vivre une expérience très agréable et positive, comme les formateurs n'en vivent pas toujours AU QUOTIDIEN.
Certes, le stagiaires sont bien souvent volontaires et investis dans leur démarche de formation. Il est rare qu'une animation me laisse complètement perplexe ou découragée. Les facteurs de
satisfaction sont plus nombreux que les facteurs de déception.
Mais cette formation-là a été un pur plaisir sur toute la ligne.
Je suis intervenue dans le milieu aéronautique pour une formation "Rédiger des procédures". Et des procédures, il y en a, dans ce domaine précis !
Ce qui ma frappée, c'est que j'ai rencontré des stagiaires heureux de travailler :
- dans cette entreprise
- à leur poste
Le contenu de la formation a donc été un moteur supplémentaire pour renforcer leur implication au travail.
La formation doit toujours partir du vécu des stagiaires pour être à la fois pertinente et transférable au poste de travail. C'est donc sur du concret que nous avons travaillé en 2 x 2 jours :
des procédures en cours de rédaction, pour s'adapter à de nouveaux cahiers des charges ou à des réglementations officielles européennes.
Je sentais les stagiaires concentrés sur leur objectif : rendre la lecture de leurs procédures claire et attractive, précise et incontestable. Et, ce qui m'a le plus impressionnée : leur souci
constant d'intégrer ces procédures dans une vision globale de l'activité de l'entreprise. C'est assez rare en stage.
Des animations comme cela, j'en redemande !