Synthèse : résultat magique et merveilleux
perceptible à l'écrit comme à l'oral et vivement recherché dans les entreprises.
A part dans certaines Administrations, qui peinent encore à se défaire de leurs tournures surannées, l'entreprise
vise l'efficacité de sa communication au travers de productions écrites et orales concises et directes. Et elle a raison. Car elle évolue dans un monde complexe, guerrier, soumis aux lois des
marchés financiers et de la concurrence internationale. Pour exploiter, produire, vendre, s'agrandir et durer, l'entreprise doit communiquer sur ses concepts, compétences et qualités. Et, en
interne, elle veut compter sur des échanges clairs et rapides entre ses collaborateurs, au service d'objectifs communs.
Depuis 4 ans environ, je suis de plus en plus sollicitée pour intervenir dans ce domaine, auprès de tous types de
stagiaires : techniciens, secrétaires, administratifs, juristes. Et particulièrement à l'écrit.
Rédiger synthétiquement est plus compliqué qu'il n'y paraît.
Tout d'abord, chacun y est plus ou moins prédisposé naturellement, selon sa structure cérébrale (voir à ce sujet les
travaux de Ned Herrmann, très révélateurs des "compartiments" du cerveau).
Ensuite, il ne faut pas confondre esprit de synthèse et rapidité ! Une personne qui repère facilement l'essentiel d'une
problématique ou d'un discours ne maîtrise pas forcément les outils pour en retranscrire la substantifique moëlle. D'où cette remarque en stage : "Je sais QUOI retenir, mais je ne sais pas
COMMENT l'écrire".
Etre synthétique (cerveau droit) demande un esprit d'analyse aiguisé (cerveau gauche). La
synthèse n'est pas, comme on le croit souvent, le contraire de l'analyse, mais sa partenaire, son associée, sa jumelle...
Ainsi, pour analyser aux fins de synthèse, il faut se donner le temps, se poser des questions, définir son objectif,
son lecteur et ce qu'il connaît du sujet, viser l'objectivité, la clarté des idées et leur cohérence. Puis il faut trouver le mot pertinent, la tournure attractive, des titres percutants et
évocateurs.
Il n'y a pas de trucs ! Juste une démarche intellectuelle et une organisation précises. La méthodologie de la synthèse
est très abordable et d'une mise en oeuvre simple. Mais elle a un ennemi redoutable : le manque de temps.
Combien de stagiaires s'alarment en découvrant, en formation, que les spécificités et contraintes de la synthèse
s'accomodent mal de la pression du temps, du travail morcelé et/ou multitâches simultanées !
Or, la vie de l'entreprise est devenue une course contre la montre. Il faut tout faire vite, très vite. Trop vite ?
L'utilisation de machines, robots, logiciels, systèmes et autres aides "techniques" font sans doute oublier que l'être humain est un roseau pensant... Le cerveau est plus perfectionné que
n'importe quel ordinateur au monde, mais il demande à être utilisé de manière adaptée.
De la même manière que l'agriculture forcée et chimique donne des fruits et légumes uniformes, fades et dangereux pour
la santé, la pression de la rentabilité, doublée de la méconnaissance des mécanismes d'excellence du cerveau dans une tâche donnée conduisent à des productions écrites (ou orales) bâclées, donc
sans impact et... inutiles !
Etre synthétique ? C'est possible, mais il faut s'en donner les moyens :
- en interne, c'est faire fonctionner son cerveau harmonieusement
- en externe, c'est avoir les conditions de travail adaptées à la tâche
L'entreprise se questionne-t-elle toujours sur l'existence et la mise à disposition des moyens
nécessaires à ses collaborateurs pour accomplir leurs missions ?